Récit d’une folle aventure : La flowraid au Corsicaraid Aventure 2017

Dans le tête,
Dans les yeux,
Dans les jambes,
D’un flowraider…
 
Samedi, 3 juin, 5h du matin, Yvette, telle une douce maman, vient réveiller la flowraid. C’est le jour J, on en a tant parlé et aujourd’hui nous y sommes, le corsicaraid va débuter.
Plus d’une heure de trajet dans la flowraidmobile pour rejoindre le village de départ. L’excitation est belle et bien au rendez-vous et nous profitons de ce temps pour de nouveau lire le roadbook et analyser le profil de l’étape. Troisième véhicule à se garer dans ce minuscule parking. Et oui, la flowraid peut parfois se montrer ponctuelle ! ;-) Petit déjeuner copieux avec des œufs made in Tof et le fameux pain avec du miel ; c’est bon, nous sommes parés et prêts à en découdre.
Toutes les équipes sont placées derrière l’arche de départ, un mot de l’organisateur, un autre mot en corse du maire et c’est partiiii, le départ est lancé vers le cap Corse.
On sent beaucoup d’envie pour cette première étape de la part de chaque équipe. Une ascension d’un col de 10km sur un sentier très poussiéreux et rocailleux. Le rythme est bon , nous sommes dans le coup, il fait déjà très chaud et les gouttes de sueur ruissellent sur nos corps. Après plus d’une heure d’effort, nous terminons ce col en 1ère place de la formule à 4. Nous enchainons avec le trail de montagne . Une première erreur en orientation permettra aux vainqueurs de l’édition précédente, déjà vêtus du maillot jaune, de nous rattrapper. Le trail est de toute beauté avec un dénivelé impressionnant au point d’en émouvoir un flowraider et d’entendre cette phrase mythique d’Arnaud : «  Jé, je dois braire ! Je ne sais pas pourquoi je suis toujours dans l’émotionnel ». Nous courons sur la crête de la montagne avec vue sur la mer à gauche ainsi qu’à droite et restons côte-à-côte avec les jaunes. Nous en prenons plein les yeux et comprenons que les 27 000 m de dénivelé ne seront peut-être pas toujours digestes.
Nous reprenons nos VTT pour redescendre le col qui nous a fait souffrir en commençant la journée. Nous sommes à l’attaque, jouant à la limite de l’adhérence dans les virages. Quelques kilomètres plus tard, une bonne orientation de la part de Quentin nous amène sur la plage où les parents sont réunis pour nous supporter. Cela ne calme pas notre excitation, nous nous ravitaillons rapidement ( trop rapidement), manquons de tact avec nos assistants et montons dans nos kayaks. Le soleil brille, le ciel est bleu, la mer turquoise et surtout nos bras sont en super forme. A notre grande surprise, nous distançons les maillots jaunes. Même si nous savons que l’étape est encore longue, nous planons totalement. Les parents nous suivent en voiture et s’arrêtent à tout bout de champ pour nous encourager ( tout n’est pas audible mais l’attention est bien perçue J ) . Nous sommes en tête du Corsicaraid, c’est complètement surréaliste. Dans nos têtes, une bonne gestion du dernier secteur vtt et la victoire d’étape est dans la poche ! Mais…mais cette journée était encore loin d’être terminée !
De nouveau un ravitaillement trop express, nous enfourchons nos bicyclettes et là , Simon s’aperçoit que son pneu est plat. Super « Daminou »entre en action et refait la fuite dans un temps record. Nous perdons tout de même un temps précieux gagné aux coups de pagaie. Le soleil « tape » , ce qui rend les conditions difficiles. On commence directement par une ascension très difficile, tout à gauche , ça mouline ;-). A peine 20’ après être partis, nouvelle crevaison, cette fois pour Jérôme. Tout le monde s’active pour la réparer mais nous perdons beaucoup de temps au point de voir les « jaunes » nous dépasser, premier coup au moral. Nous nous remettons en selle avec l’attention de ne pas nous laisser faire. L’ascension est très longue , on sent que l’un de l’équipe des jaunes est en déperdition. Au train et au fruit d’un bel effort nous recollons et mieux encore prenons nos distances. S’en suit une descente très technique où nous sommes obligés de mettre parfois le pied à terre pour franchir tous ces rochers. Descente qui deviendra cauchemardesque pour Quentin. Il crampe de partout, jambes, bras, doigts, tout y passe. D’ailleurs , dans la montagne doivent encore raisonner ses cris !!!:-). Une seconde équipe en profite pour également nous dépasse. Là, la team se dit que les kilomètres restant vont être très longs.
L’estomac n’est pas au top pour Jérôme, le goût à la pastèque de la boisson isotonique devient insupportable et les solides ne passent plus. Pour entamer l’ascension suivante, nous essayons une technique d’aide souvent utilisée en raid , le tirage avec une laisse pour chien. Jérôme essaie d’aider un peu son pote , malheureusement ou heureusement, le système ne tiendra pas et chacun devra se débrouiller seul. Au tour d’Arnaud d’avoir une crevaison. On se sent maudit ! Une nouvelle descente technique verra Arnaud effectuer un beau soleil , où le port de son casque sera son Salut vu la réception tête première sur une pierre ! Nous arrivons au dernier point de contrôle, demandons de l’eau où là, ils nous stipulent que c’est interdit de ravitailler les concurrents. Vu notre état, nous avons quand même bénéficié d’un fond de bouteille offert par une dame bien sympathique. Nous avançons le long des côtes, ça parait la fin mais ce n’est pas la fin !!! Au sommet d’une difficulté, Jérôme fait part à Arnaud de son coup de mou, plus rien en passe, ni liquide , ni solide. Jérôme est allongé au sol, on lui lève les jambes et c’est reparti. La solidarité flowraid entre en action. Un petit plongeon dans la mer pour atténuer ce coup de chaud et nous en terminons avec les derniers kilomètres de ce vtt qui était tout bonnement interminable. Plus de 5h pour 35km !!!! Nous franchissons l’arche d’arrivée en 3ème position de notre catégorie, les corps affaiblis par les efforts fournis . L’attente fut longue pour les assistants et parents. Reporter « Jacquouille » découvre les joies de la fonction « vidéo » sur son téléphone et immortalise un maximum de moments. La team se rafraichit dans la mer , prends plusieurs cocas pour se retaper mais ça ne passe toujours pas pour Jérôme qui a perdu sa voix par ailleurs et qui demande un arrêt sur la route du retour pour vomir ce qu’il avait sur l’estomac.
Arrivé au camping, l’état de forme ne s’améliore pas . Installé sur un lit militaire, le médecin de l’organisation arrive et diagnostique une déshydratation sévère. Une soirée sous perfusion pour Jérôme sur le temps que la team montait sur le podium pour récupérer le maillot de l’équipe la plus combattive. Le médecin précise qu’il sera primordial de manger après les perfusions pour espérer prendre le départ le lendemain matin. Les parents sont inquiets et la flowraid se pose beaucoup de questions sur la suite des événements…1h du mat’, tout le monde s’installe dans son sac de couchage et espère une nuit réparatrice pour tout le monde.
Le jour se lève , on se palpe les muscles , 30 secondes de réunion et la décision tombe : Nous prenons bien le départ de cette deuxième étape entre Capi Corsu et Bastia. Les mot d’ordre est simple « PLAISIR » . On met entre parenthèses le classement et on profite un maximum. Nous démarrons en vélo , nous constatons que malgré la difficulté , les sentiers sont plus « praticables » . Le moral revient dans la team et surtout on se sent tous rassuré de notre état de forme. La poisse des fuites nous poursuit et c’est au tour de Quentin cette fois-ce d’être victime d’une crevaison.
Après avoir avalé le premier secteur vtt, nous prenons les kayaks pour une courte sortie qui nous conduit à l’endroit du canyon marin. Une arrivée en fanfare où pour sortir du kayak , une manœuvre à la Kéké fit retourner le kayak ( Je vous laisse imaginer la tête de Jérôme quand il s’est retrouvé tête sous l’eau coincé dans le kayak ;-) ).Nous enfilons nos combis où nous sommes hyper comprimés et marchons vers ce premier rocher. Pas le temps de tergiverser, impulsion 1 pied, corps droit et gainé et plouf dans l’eau. Nous remontons pour aller chercher un rocher plus haut d’une dizaine de mètres ( wouh , c’est quand plus haut là !), papillons dans le ventre et replouf. Nous nous encordons pour escalader la falaise sous forme de via ferrata, nous sommes bien assurés avec notre longe mais le vide n’est quand pas rassurant. ;-). Une fois en haut, une superbe tyrolienne nous attend pour nous projeter dans la mer. Nous reprenons nos kayaks pour une courte portion et nous arrivons au port d’un magnifique village où assistants et parents nous attendent. Un bon ravitaillement à la baguette au jambon corse nous donne des forces pour la suite de la journée. Ah oui, à noter qu’avant le départ pour le trail nature, Jacquouille nous a fait part de tout son talent pour mettre de la crème à son fils ! J . Sûrement en bonne forme, Arnaud se sent inspiré de prendre la carte. La suite nous montrera le résultat de cette inspiration ;-) Ce trail nature est beau et fort boisé , les premières balises s’enchainent jusqu’au moment où l’erreur d’orientation du jour devait tomber. On retombe sur nos pattes et retrouvons quelques équipes un peu dans la semoule. Notre « inspiré » du jour reprend vigueur et avec une certaine assurance , nous le suivons de bon pas , emmenant par la même occasion plusieurs équipes dans notre sillage. Et là, si les chemins n’existaient pas, nous les avons créés. Des pierres , des ronces , , des sauts , des branches, une végétation dense, tout y passe mais rien en nous résiste. Une balise nous retardera encore mais nous en finissons avec ce trail nature. Nous enchainons avec un nouveau secteur kayak, plus long cette fois. Les sensations sont toujours aussi bonnes dans cette discipline.Nous ratons la barrière horaire pour le grand trail sur les hauteurs de Bastia ( aucune équipe à 4 n’a su décrocher la barrière horaire !). La journée se termine par un trail patrimonial dans les rues de Bastia , où un questionnaire nous a été remis pour récupérer quelques minutes en cas de bonne réponse. Le flowraid se fit un plaisir de mettre son côté social à l’honneur et répondre brillamment à toutes les questions. Une bonne table sur la place de Bastia permet à toute la team de terminer la journée en beauté. De plus, le bilan sportif est positif, nous avons pris beaucoup de plaisir , nous avons gérés nos efforts et nous gardons notre 3ème place.
 
L’étape 3 nous conduit de Rinosu à Ciamannacce. Après, une journée sous le signe de la « récup » où plutôt remplissage des batteries , nous prenons le départ du trail toujours dans l’idée de la gestion. Une partie du GR20, de la grimpette , de superbes singles , nous attaquons la haute montagne et le ton est donné d’emblée. A noter un splendide « planté du bâton » de la part d’Arnaud dans sa basket. Le tissu est déchiré mais heureusement il épargna ses orteils. Par contre, suite à sa chute, une douleur musculaire à l’intérieur de sa cuisse le gêne. Au point de l’entendre dire : «  Bon les gars, ne faites pas attention, maintenant je me tais, je dois me concentrer ». Là, nous nous sommes dit que c’était peut-être sérieux ;-).
On rejoint nos assistants pour un ravitaillement et nous avons une vérification du matériel obligatoire de la part de l’organisation …et merduuum …le pantalon est imperméable mais pas thermique. Et hop, une pénalité de 15’ ! On rajoute nos baudriers dans nos sacs et on attaque le monstre qui se présente devant nous…ça monte, ça pique, nous trouvons l’utilité de nos bâtons extraordinaire. Le flow est bel et bien présent mais le temps change…les nuages gris et menaçants s’intensifient. Nous arrivons au point de contrôle, nous enfilons nos baudars …notre poignée d’ascension en main et nous gravissons le sommet de la montagne pieds dans la neige à la force des bras . Une bataille de boules de neige plus tard, nous gambadons sur ces singles contournant ce lac à plus de 2000m d’altitude. C’est juste SPLENDIDE !
Une descente vertigineuse plus tard ( et une chute sous forme de ventre y glisse de Jérôme) , cela va s’en dire que les ischios devront encore digérer tout ça , nous retrouvons nos assistants pour un nouveau ravito et surtout un nouveau checking matrériel. Où est le réchaud ? Arnaud ? Oui..oui tenez. Et le récipient ? Euh ..oui …oui..tenez. Il vient de vider une bouteille d’aquarius et propose cette bouteille en plastique pour réchauffer les aliments. Regard incrédule ou dépité du commissaire et booooom 15’ de pénalité supplémentaire.
On rempile pour un trail, très beau, dur et long. C’était prometteur à première vue mais mentalement une lassitude s’installe. Chaussures de trail trop petites pour Jérôme, son gros orteil devient très douloureux. La force du groupe permet de nouveau de passer «  à travers ».
On enfourche nos vtt, un parcours plus descendant…Plaisir, bonheur, on lâche les chevaux et passons sous l’arche à Cianmannacce. Trop tard pour le dernier secteur vtt mais heureux de notre étape.
 
Il nous reste quelques heures pour préparer l’étape de nuit qui débute à 22h. Chacun prend une bonne douche , Jérôme se fait percer son orteil et le souper est offert dans ce village de montagne, un waterzooi à la corse ( mais pas de quoi concurrencer le waterzooi du flowtrail made in Greta ;-) ).Ce bon souper au son de chants traditionnels corses ( Tof a d’ailleurs acheté la compile des 24 albums de 25 chansons ! J J J).
Nous préservons notre place sur le podium où le temps gagné à la force des mollets et un rapprochement du duo de tête fut gaspillé par nos deux pénalités de la journée.
Arnaud interrompu dans sa micro sieste de 12’, Kéké ne retrouvant plus sa frontale…On arrive à 21h59 sur la ligne de départ et hop nous voilà embarqués pour ce trail nocturne qui nous amènera à Alta Rocca.
Nous démarrons prudemment ce trail de nuit et là où un quart d’heure plus tôt, nous craignions le froid et une grosse fatigue musculaire, nous nous rendons compte qu’une nouvelle fois, nos mécaniques répondent présentes.
On nous avait annoncé un trail très corsé et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons été très vite mis au parfum. Nous sommes avec les jaunes, ces fameux maillots jaunes qui nous motivent et que nous respectons beaucoup. Orientation très difficile, les équipes se regroupent, on tente un chemin puis un autre encore un autre, tout explose dans cette montagne. Les jaunes ont pris une direction, nous une autre, …et boooom ça monte. Ca grimpe longtemps , trèèèès longtemps avec aucune certitude d’être sur le bon chemin. Une autre prise de décision s’impose, une équipe dans un sens, une dans une autre, etc. Nous suivons l’instinct « Dumoulin » et nous courons seuls maintenant dans le noir et le doute. Nous empruntons un single, sympathique ma foi mais ce dernier nous rassure nullement par rapport à la cartographie.
De manière inattendue , nous rencontrons une équipe, meilleure équipe corse de l’édition précédente, aussi perdue que nous. Nous essayons de nous repérer ensemble mais au final nos chemins divergèrent encore. Nous sommes « pommés » , continuons à avancer jusqu'au point de burn out. A l’arrêt, dépités, nous ne voyons pas de solutions. Notre capitaine, Simon, après avoir brillamment orienté lors d’épreuves précédentes se sent désorienté, Jérôme relativise et attend la direction à suivre couché sur un rocher, Arnaud selon son « instinct » pense plus ou moins être à une certaine position sur la carte et Quentin se référant à son feeling d’orienteur et surtout interpellé par l’eau, a le sentiment d’être près d’un barrage et d’une centrale hydro électrique. Arnaud et Quentin partagent/opposent leurs idées …Nous avançons sur ce chemin et Bingooo , Quentin avait vu juste. Ca y est , nous savons où nous sommes sur la carte. Nous récupérons une liaison vers le GR , tout semble long mais la bonne humeur et l’autodérision sont de mises au sein de la flowraid. Nous prenons cette aventure nocturne comme une expérience, un apprentissage.
Nous arrivons au point de contrôle et retrouvons nos assistants après plus de 4h d’effort. Nous avons eu le temps de concocter une petite blague à nos assistants . Nous simulons avoir eu une énorme dispute au sein de la team et que Dumoul veut quitter la course immédiatement. Daminou essaie de tempérer les choses, Yvette et Tof sont décontenancés…Nous leur faisons part de la supercherie et rigolons une bonne fois.
Une prise de décision très importante s’impose de nouveau : Soit repartir pour 18km de trail avec la quasi certitude de rentrer vers 7-8h du mat’, soit rentrer au campement , dormir 3h et prendre une pénalité. Après concertation et vu notre « chaos » nocturne , ajouté au profil exigeant de l’étape de jour qui nous attend , nous optons de rentrer. Une heure dans la flowraidmobile plus tard,nos assistants toujours autant au tooop, montèrent tentes et lits gonflables en 5’.
Pas besoin de nous bercer, nous plongeons directement pour nos 3h de sommeil. Mon Dieu que le réveil est difficile…de vraies têtes de morts vivants. Les yeux de Quentin en valent, à eux seuls, le détour. Yvette comme à son habitude nous a préparé notre omelette et cette phrase qui revient à intervalles réguliers «  Les gars , là faut s’activer , vraiment s’activer », le capitaine s’oblige à dynamiser les troupes voyant le rythme à l’africaine de ses comparses.
 
La 5ème étape nous conduit à Alta Rocca. Il est 8h du mat’ et nous voilà avec nos vtt sous l’arche de départ pour partir pour ce premier secteur vtt. Image quelque peu surréaliste où nous voyons des équipes rentrer de l’étape de nuit, enfourcher leur bicyclette et se présenter au départ.
Les deux équipes devant nous nous ont pris un temps certain en arrivant au bout de cette exigeante nuit mais nous savons que nous aurons plus de fraicheur pour entamer la journée.
Hop, c’est parti. Belle ascension progressive pour commencer, le train se met en route et les jambes tournent. Peu d’équipes devant nous d’ailleurs, on se permet même le luxe de terminer devant les leaders toute catégorie confondue. Nos sensations nous font dire que nous avons pris la bonne décision cette nuit.
Après un bref ravitaillement, nous chaussons nos baskets et prenons nos bâtons pour un trail exigeant. Nous ne dérogeons pas à la règle et après une erreur d’orientation que nous appelons « la flowraid quotidienne » nous entamons une ascension très costaude qui se termine au sommet des aiguilles de Bavella. Cela s’apparente à 1km ( voire plusieurs) vertical où les appuis sont des pointes rocheuses. Le décor est magnifique et nous prenons un maximum de photos avec nos yeux.
La team se sent très bien…et une fois le trail terminé , nous enchainons avec une descente de col sur route en VTT. Quentin , tout excité à cette idée emmène le groupe dans une descente effrénée où se succèdent les virages. Oh purée…on envoie …pour une fois , ça va vite. Nous aurons le 3ème temps de la descente toute catégorie confondue . Le flow nous lâche pas dans cette étape.
C’est le moment de mettre les combis de canyon. C’est toujours autant la misère pour Jérôme de l’enfiler. Heureusement, il peut compter sur l’aide de 2 assistants de la Flowraid. Nous marchons pour cette expérience en canyonning en milieu naturel. Notre matériel est vérifié et directement dans le vif du sujet , saut de 8m , atterrissage entre 2 rochers dans une eau qui parait froide, nous sentons que nous allons vivre quelque chose. La rivière et le courant nous indiquent le chemin…Nous effectuons encore 3-4 sauts et 2-3 toboggans sur la roche et nous terminons en apothéose où de l’eau est retenue pour ensuite être relâchée, nous glissons sur le dos , tête en avant et baaaam effet tremplin , tout se passe à l’aveugle, de magnifiques sensations !
Après ce plein d’émotions, nous reprenons nos bicyclettes ,(Quentin cherche encore à qui il a donné la carte ! J J J)pour remonter le col que nous avons tant aimés descendre. Un mot d’ordre « solidarité », le train flowraid se forme et on se tire pendant 1h d’ascension et un 5ème temps de cette montée. Et oui, nous nous sentons bien dans cette étape.
Le trail qui suit s’annonce terrible par son dénivelé et comme souvent, nous commençons par une grimpette de plusieurs kilomètres où nos bâtons sont nos meilleurs amis , tellement leur aide est précieuse sur ce genre de parcours. Et comme toujours, nous sous-estimons la durée du trail où les kilomètres paraissent juste interminables. La descente est du même acabit que la montée, inutile de dire que l’orteil de Jérôme déguste. Nous terminons cette journée par ce long effort car nous ratons la barrière horaire pour le vtt . Aucune équipe n’est arrivée au bout de cette étape et c’est l’équipe 51 Flowraid qui remporte l’étape en formule à 4 ! J
 
Coup de tonnerre en soirée lors de la remise des résultats. Nous sommes 5ème à 28h des premiers. Incompréhension au sein de la team. Que se passe-t-il ? Prendre 26h dans la vue en une journée, même après avoir épuisé le stock de Pietra, nous ne pouvions le comprendre. Notre responsable en communication, Dumoul, a été voir le responsable logistique et on lui a garanti qu’à notre réveil les classements seront à jour.
 
Etape 6 , pour ce dernier jour de course, direction Porto-Vecchio. Après rectification, nous récupérons notre 3ème place avec 2h de retard sur les 2ème et 1h d’avance sur les quatrièmes. Autant dire que rien n’est joué !
Long secteur vtt pour entamer la journée…avec du gros D+. Ce n’est pas grave, nous sommes prêts à tout donner aujourd’hui. Les ascensions sont longues, cela nous permet de nous installer dans un certain rythme. Nous sommes aux avant-postes , heureux de ressentir de bonnes sensations lors de cette dernière étape. Une dernière ascension où le portage est obligatoire tellement les pourcentages ne permettaient pas de rester collés au sol. Et que se passe-t-il quand la Flowraid se sent bien ? La traditionnelle erreur d’orientation, au point où l’incompréhension a été telle que nous avons failli nous perdre les uns les autres .Ouf, nous nous retrouvons et terminons ce vtt ensemble.
Vu nos sensations, nous aurions pu espérer terminer en meilleure position sans cette erreur de fin de parcours. Etant donné que nous devons impérativement être à 15h sur la plage pour le départ groupé en kayak, nous devons faire le choix de passer la via ferrata ou le trail, comme toutes les équipes jouant une place au général, nous nous lançons sur le trail. Nous sommes de nouveau auprès des jaunes, cela prouve bien que nous sommes dans le coup. Après 20 minutes d’ascension s’en vient une prise de décision , une Dumoulite exceptionnelle.  « Suivez-moi les gars, je le sens » , « Come on Flowraid ». Devant nous se dresse une montagne de cailloux énormes, vraiment énooooormes. On saute de l’un à l’autre, la montagne s’élève, nos pulsations s’accélèrent, un coup d’œil en arrière et là, le vide et des gros cailloux. En somme, en mode escalade sans assurage ! Arnaud se dit que s’il arrive quelque chose à un membre du groupe, il se sentirait mal mais il garde sa « positive attitude », Simon est excité par la montée d’adrénaline et Quentin et Jérôme , en pleine conscience des dangers, pestent sur les risques encourus ! Au final , tout est bien qui finit bien, nous pointons la balise au sommet 20minutes après les jaunes ( et oui, l’azimut ne porte pas toujours ses fruits ;-) ). Une redescente où nous relâchons la pression et rigolons des anecdotes des journées précédentes.
Nous remontons dans la flowraidmobile pour nous conduire à la plage, le temps pour Arnaud de verser à nouveau une petite larme sur ce que nous venons de vivre durant ce corsicaraid. Et pour le reste de la team de regarder une dernière fois « à droiiiiiiite » pour contempler la vue ;-) .
Dernière épreuve, derniers efforts, tous les kayaks sont alignés côte-à-côte, 6 balises à pointer le long du parcours en longeant le rivage. Chaque équipe lâche ses dernières forces, ça part vite…et la flowraid est dans le groupe de tête. Le vent souffle, sur le retour les conditions deviennent extrêmes avec le vent de face et les vagues. On ne lâche rien, on donne tout pour terminer en beauté en 4ème position sur les 50 équipes. C’est fini, on l’a fait !!! Difficile à réaliser ! C’est le moment des embrassades…flowraiders, assistants, parents, Jean notre sponsor, tout le monde se congratule. L’émotion est très grande , nous sommes dans le plus grand des FLOW, du bonheur à l’état pur. Nous sommes heureux , fiers, émotionnés,…
La réception finale se tient dans un camping de luxe où toutes les équipes sont réunies. C’est l’occasion de discuter avec les différentes équipes en partageant un verre et en profitant du buffet offert.
C’est officiel, nous terminons 3ème du Corsicaraid Aventure 2017, formule à 4.
La suite de la soirée se veut festive et les petits belges ont montré que les vainqueurs de l’ambiance étaient les membres de l’équipe 51 ;-) . Même quand la soirée devait être finie, la flowraid sous une paillote au milieu de la piscine, accueilla les fêtards en assurant l’abreuvage et la musique. Une magnifique soirée de clôture pour couronner tous ces efforts endurés durant ce raid.
Nous avons vécu quelque chose d’indescriptible, d’unique et nous comprenons aisément le surnom « d’île de beauté » tellement nous en avons eu plein la vue (les jambes aussi J ) durant ces 6 étapes.
Nous nous sommes sentis soutenus et portés. Pour cela, nous voudrions adresser le plus grand des MERCI à nos assistants, parents, sponsors, supporters pour votre soutien exceptionnel.
La flowraid , en toute modestie, veut vous faire passer le message de Vivre et de mettre tout en place pour réaliser vos projets dans quelque domaine soit-il. Rien de tel que de vivre pour réaliser vos rêves plutôt que de rêver votre vie.
Love you !
 
                                                                                                                                                                                    Flowraid